Comme chaque été, j'ai passé quelques jours dans les Pyrénées pour goûter au calme, au bon air et aux magnifiques paysages de la région. Mais aussi pour me faire plaisir avec mon avion favori : le Piper Cub du Club de Clarac-St.Gaudens.
Le rituel est bien rôdé maintenant : payer ma cotisation annuelle, retrouver Jean-Pierre, mon instructeur, pour le lâcher machine, faire quelques tours de piste, des basses hauteurs et des glissades en pagaille, et c'est parti pour quelques vols en local au dessus de la chaîne Pyrénéenne.
Justement, dans l'axe de la 25, tout au loin, un sommet attire le regard : le Pic du Midi. C'est un peu le sommet emblématique des Pyrénées et je n'y suis jamais allé... Il culmine à 2.877 mètres, avec à son sommet une station d'observation astronomique. Je me dis que par un jour de grand beau temps, cela devrait être pas mal d'aller visiter l'un des plus beaux panoramas des Pyrénées. (webcam).
J'apprends que Cécile, une de mes cousines de 15 ans, n'est jamais monté en avion de tourisme et qu'elle adorerait un baptême. Je lui propose le Pic du Midi comme destination en lui précisant que ce sera un départ tôt le matin pour profiter de l'air calme et frais (donc plus dense). Malheureusement la météo des Pyrénées n'a rien à voir avec celle de la Côte d'Azur et il nous faudra attendre plusieurs jours avant que les conditions soient idéales.
Un matin pourtant, au réveil, le ciel est d'un beau bleu profond, l'air cristallin et la lumière du soleil bien dorée : un temps à se prendre pour un oiseau. L'aérodrome est à 15 mn de la maison -- 15 mn pendant lesquelles je me posais toujours la même question. A 8h30 l'avion est devant le hangar prêt à partir, mais toujours pas de réponse à ma question : qui va lancer l'hélice ? Il n'est pas envisageable de demander à Cécile de le faire. Je pourrais bien lui demander de rester seule dans l'avion avec la main sur la manette des gaz pendant que je lance l'hélice, mais c'est quand même limite...
Heureusement, au même moment un Cessna arrive en finale et vient s'arrêter juste devant le hangar. Le pilote est très sympa et propose de nous assister au démarrage. Ne pas avoir de démarreur cela a du charme mais quand on est seul ou avec un passager novice ce n'est pas pratique du tout...
C'est un vol à la navigation on ne peut plus simple : aligné en 25, prêt à décoller, la destination est droit devant, au bout du capot moteur. Durant tout le vol, le Pic du Midi sera à la même position sur le capot. Sauf qu'il faudra un peu tourner en rond à destination pour gagner les dernières centaines de mètres d'altitude.
La montée se fait à 90 km/h, avec parfois quelques petits paliers pour prendre un peu de vitesse et reposer le moteur. Le terrain est à 1.325 pieds et le Pic du Midi à 9.434 pieds. Le Cub monte vaillamment, à son rythme toutefois. Toutes les 3 minutes je dois rajouter un peu de puissance car avec la montée, la densité de l'air évolue.
Après 20 mn de vol en ligne droite nous arrivons, non pas au pied du Pic, mais plutôt à mi-hauteur. Nous sommes obligés de faire 4 ou 5 grands cercles en montée devant sa face nord afin d'arriver péniblement à hauteur de l'observatoire. Au fur et à mesure de notre montée, le paysage s'agrandira vers le sud, au delà des premiers sommets, avec des lacs de montagne qui vont peu à peu se découvrir. La fenêtre est ouverte, l'air est un peu frais à cette altitude, même au mois d'août, mais la vue dégagée du balcon est fantastique ! L'appareil photo et la caméra sont suspendus au dessus du vide pour capturer le moment. L'année prochaine, il faudra que je vois s'il n'est pas possible de fixer l'appareil photo au hauban de l'aile pour de meilleures photos extérieures.Nous restons quelques minutes devant le sommet, néanmoins sans en faire le tour -- la montagne continue d'impressionner, et en gardant nos distances par rapport à l'observatoire par respect pour le sommeil des scientifiques.(blog des scientifiques).
Nous décidons de faire demi-tour en traçant une ligne droite vers le pic du Gard qui domine la vallée de notre maison de famille. Le moteur réduit avec la réchauffe carbu, la descente est calme et permet d'admirer toute la chaîne sur notre droite. Nous survolons St.Bertrand de Comminges et sa basilique et distinguons la station de Bagnères-de-Luchon au fond de la vallée à notre droite. La vue est dégagée sur 360°. Magnifique. Le Pic du Gard est notre dernier point tournant -- c'est amusant de passer près de cette dent que nous voyons de notre jardin tous les jours -- puis cap au nord vers l'aérodrome. L'atterrissage se fera en douceur, trois points, quelques minutes plus tard. Baptême réussi !Nous venons de passer une semaine de vacances à Eup au pied du pic du Gard ... nous sommes des pyrénées-orientales mais ce site est réélement le plus beau des Pyrénées ... merci pour votre témoignage ... votre blog est super sympa ... A bientôt
Vous devriez lire "Autour de l'avion" (Bleu Ciel Editions), livre dans lequel Gérard Desbois (mécanicien navigant de l'A-380 0001) raconte comme il a testé le plafond pratique d'un Piper J-3, mais aussi bien d'autres choses que vous trouveriez passionnantes.
Bravo pour ce beau vol en tout cas.
Merci pour la recommandation. Je vais tâcher d'acheter ce livre très bientôt. Cordialement. Olivier
je découvre ce site, en tant que fana d'aviation, principalement l'aviation militaire....mais un voyage en piper au dessus des Pyrénées ça parait quand même sensas.. (vos photos de la Ferté Alais sont excellentes !)
Dans le coin un peu plus a l'est le tour du chateau de Montségur vaut vraiment la peine aussi...
Super vol en tout cas vers le pic du midi bravo..

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