3.12.05

Madagascar en Cessna

Ecrit par Olivier le décembre 3, 2005 11:38 PM

Au premier plan l'ile aux nattes, à la pointe sud de l'ile Ste-Marie
Pas eu le temps de voler ces derniers mois, mis à part un vol d'initiation sur Cirrus (extraordinaire), mais j'ai pris quelques jours pour recharger les batteries au soleil : direction Madagascar.
Comble de chance, le jour même de notre arrivée à l'hôtel je me retrouve au bar avec pas moins de 4 pilotes privés... dont le propriétaire de l'hôtel. Ambiance assez surréaliste que de se retrouver après un long vol en boite à sardine, sous les tropiques, à discuter tagazou avec des gars qui volent en Afrique depuis des années. L'un d'entre eux a même prévu de nous faire une petite conférence le soir même, avec projection de photos, au sujet de son père, un pilote-cascadeur-aventurier des années 20 et 30 qui fût le premier à faire la liaison St-Denis de la Réunion – Madagascar en avion (un Luciole). Surréaliste, je vous dis.
Chargement du Cessna 206
Le reste du séjour fût très peu aéronautique (même si l'hôtel situé à 400 mètres du seuil de la piste au bord du lagon offrait le spectacle du Twin Otter quotidien en finale) jusqu'à ce que Fifou, le propriétaire de l'hôtel, me propose gentiment un vol en place droite dans son Cessna 206. Yes !

Notre hôtel, le Princesse Bora Lodge, était situé sur la petite ile de Ste-Marie, au Nord Est de Madagascar. L'aérodrome de St-Marie (FMMS) se trouve au bord du lagon, au sud de l'ile, le seuil de piste 01 étant littéralement sur la plage... Le but du vol était de déposer des amis de Fifou à Tamatave, le plus grand port de Madgascar afin qu'ils y prennent la ligne pour rentrer sur la capitale. Je ferai l'aller en place arrière et le retour en place droite. L'aller à photographier, le retour à piloter. Cool.

Le Cessna 206 a un moteur de 300 cv, c'est la première fois que je prendrai les commandes d'un avion au moteur si puissant. C'est également la première fois que je piloterai un Cessna. L'avion a six places et a été équipé d'un pod, un caisson situé sous le ventre de l'appareil qui sert de soute à bagages. Pas de problème de charge utile avec cette Jeep volante...

La côte Est en direction de Tamatave
Le vol impliquant du survol maritime et du survol de région inhospitalière, il nous faut déposer un plan de vol à la tour. En fait, j'ai cru comprendre que les plans de vol sont obligatoires pour tout vol à Madagascar: est-ce parce que tout le territoire est inhospitalier ou parce que le pays est resté trop longtemps sous influence communiste ?

La radio se faisant en français, la procédure de décollage (afis, roulage, alignement, etc.) n'est pas dépaysante du tout, hormis le paysage idyllique.

Après le décollage nous faisons une verticale terrain en battant des ailes pour saluer les amis restés au sol et entamons notre montée vers 2000 ft à 100 knt cap au sud-ouest. Le ciel est bleu, la mer aussi, et au loin sur notre droite nous voyons la grande ile de Madagascar noyée dans les cunimbs. Il ne ferait pas bon voler au dessus de l'île aujourd'hui...

La longue piste de Tamatave parallèle à la mer
Au bout de 15 minutes environs nous atteignons la côte Malgache et la suivons en prenant cap plein sud jusqu'à Tamatave. A notre gauche la mer bleue, à notre droite le vert de la jungle et des marais. Il y a très peu d'habitations et de routes. La plage est droite pendant des centaines de kilomètres et serait bien tentante pour un bush-pilot...

Changement de décor quand nous arrivons à Tamatave : la mer est constellée de porte-containers, et la ville s'étend à l'horizontale sur des kilomètres. Vu du ciel il est difficile de juger de la qualité des bâtiments : bidonvilles, pavillons, hlms ? Nous sommes déjà en intégration pour l'atterrissage et mon regard se porte plus devant que sur les côtés.

Sur le tarmac de Tamatave
Nous nous garons à 200 mètres de la tour, de superbe architecture soviétique, aux côtés d'un hélico et d'un avion cargo russes (en état de marche ?). Nous confions les amis de Fifou à un taxi en 4L et nous rendons à la tour pour payer la taxe d'atterrissage (1 ou 2 euros, je crois) et déposer le plan de vol du retour. Le fonctionnaire n'est pas antipathique mais l'ambiance est super administrative : pesante, silencieuse, tatillonne...

Nous profitons du passage à Tamatave, seul terrain avec de l'essence dans la région, pour faire le plein. Le camion citerne est une sorte de pousse-pousse à la Tintin avec deux bidons à l'arrière, une pompe à main, et un magnifique logo "Total". Le service est néanmoins impeccable et ils acceptent la carte.

Un super look de commandant de bord pour Fifou
Fifou met finalement la machine en route et décolle la bête. Dès les 500 ft passés il me passe gentiment les commandes pour une montée vers 2000 ft, cap au nord pour suivre le littoral. Contrairement à ce que je craignais piloter au volant n'est pas si déroutant pour quelqu'un habitué de piloter au manche. J'étais par contre un peu perdu avec l'hélice à pas variable, chose totalement nouvelle pour moi. Au lieu d'une simple manette des gas, il y en a deux : une pour la pression d'admission et l'autre pour la puissance (je crois...). Il y a également la manette de richesse, à laquelle je suis habitué, sauf que cette fois-ci on l'utilise réellement (on ne se contente pas de la mettre su plein riche sans plus y toucher). Fifou m'indique les paramètres à afficher pour chacune des manettes, mais j'avoue ne pas trop comprendre qu'est-ce que la pression d'admission signifie –– il va falloir que j'étudie ça –– même si je comprend très bien le principe du pas variable.
1000 ft sol au dessus de Ste-Marie
L'avion est très agréable à piloter, un peu comme une grosse voiture américaine. Et après quelques minutes au dessus de la grande bleue nous apercevons au loin le lagon de Ste-Marie. Je descends à 1000 ft afin de survoler l'ile à la hauteur du tour de piste et nous nous intégrons directement en base pour la 01. N'ayant pas l'habitude de l'avion, de sa masse et de son volant, mon dernier virage est un tantinet engagé. Fifou reprend les commandes à 500 ft pour poser son jouet comme une fleur malgré le bon vent de travers gauche.
Finale 01 à Ste-Marie
Waouu. Quelle belle matinée ! Maintenant retour à l'hôtel en 4x4 pour une bière bien fraîche, un déjeuner léger et farniente sur la plage.

Encore un grand merci à Fifou pour sa gentillesse et son énergie débordante !

Messages [comments]

Ecrit par: mathilde at avril 5, 2006 4:17 PM

salut s'est super le site ça donne en vie dit aller!!!!!!!!!!!bye bye

Ecrit par: Fifou at juin 7, 2006 8:33 PM

Merci je me rapel trés bien de ce vol, c'est trés sympa d'avoir écrit cela, je fais ce trajet trés souvent sans faire attention a tout cela. Merci et a bientôt

Ecrit par: Mayer Jacques at juin 8, 2006 11:31 AM

Votre article sur le vol en Cessna avec Fifou m'a beaucoup plu et je pense que je dois avoir des photos de vous, j'étais au Princesse Bora au moment de votre passage et nous avons vu ensembles avec les clients de l'hôtel quelques photos du surprenant atterrissage du premier avion qui s'est posé à Sainte-Marie. J'étais moi-même étonné car je n'avais jamais entendu parler de cet avion. Si vous me passez votre mail, je pourrais vous envoyer les photos de l'article.
Sincèrement
Jacques MAYER, père de Fifou.

Pouvez-vous me donner l'adresse où l'on peut trouver le livre où a paru cet article. Merci.

Ecrit par: Edwin at juin 11, 2006 11:14 PM

Merci pour ce bel article sur mon neveu Fifou, il est cool n'est-ce pas?!
Miquet

Ecrit par: colette georgia at juin 26, 2006 4:20 PM

salut , je ne suis pas très fan pour les avions mais là ça me donne envie d'essayer de faire un petit tour en avion . et vous voyez que madagascar c pas si mal que ça , il faut allar voir : on etais parti à ste marie pour qlqs jours , on a meme pas eu les temps de voir les baleines qu'on devais deja repartir.

Ecrit par: Olivier at octobre 4, 2006 9:33 PM

Miquet : Fifou m'a impressionné. Belle réussite de vie !

Ecrit par: Serge at février 8, 2007 1:18 PM

Bonjour,

On peut avoir l'email de ce Fifou, ji'rais bine le saluer

Cordialement

Ecrit par: massart john at août 29, 2007 8:18 PM

super l'article je connais ce genre de peripeties etant natif de noumea mais vivant en france now juste une question j'aimerais bien venir travailler comme pilote avion a madagascar
allez salut et bon vol a + qui sait

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