17h00 -- nous sautons de notre avion, de retour de Etretat et commençons à rassembler nos affaires, lorsque s'approche de nous un homme en provenance du hangar à hélicos voisin. “Vous avez fini de voler ? Cela vous dirait un tour en hélico ?“
On ne se regarde même pas, on répond en coeur "Oui !"
Il nous rassure tout de suite : on sera des sacs de sable, et un sac de sable, ça ne paye pas...
Quelques explications : Pierre Elizabé est le patron de HEP et un de ses élèves (breveté) prévoit d'emmener des clients le lendemain à bord du Colibri. L'hélico sera alors proche de la charge maxi et par sécurité Pierre ne laissera partir son élève qu'après un lâcher machine en conditions de charge max : ils ont donc besoin de charger la machine pour un vol d'instruction.
Juste le temps de remplir nos carnets de vol et le carnet de route de l'avion après notre nav vers Etretat, et nous nous dirigeons vers le Colibri.
Avant de monter à bord Pierre nous donne quelques infos sur la machine : le Colibri est la dernière machine de Eurocopter, plus de 500 chevaux (!), un peu moins de 110 knt de croisière, une résistance verticale à 30 g -- bien plus que le Robin :) -- et une charge utile de 750 kg (nous serons 5 personnes à bord).
Nous nous installons à l'arrière dans des sièges bien plus confortables que ceux de nos avions, la moquette est neuve, la finition intérieure digne d'une berline haut de gamme, l'instrumentation est numérique : enfin une machine du 21ème siècle !
Pierre entre le poids des passagers sur l'ordinateur de bord pour le paramétrage de la machine. Incroyable. Instructeur et élève font leur briefing décollage en discutant des paramètres de puissance : cela à l'air beaucoup plus compliqué que le Robin... Finalement on s'élève à quelques centimètres du sol, pause en stationnaire, puis nous translatons doucement au dessus des taxiways vers la piste pour un décollage selon un circuit identique à celui des avions.
Nous nous éloignons de Lognes vers l'Est pour faire quelques exercices d'atterrissage en campagne dans un champs (Pierre à l'autorisation du propriétaire), puis direction l'aérodrome de Meaux pour quelques tours de piste. Les passagers sont débarqués à Meaux le temps d'exercices d'autorotation que nous observerons du sol.
Et on repart direction EuroDysney que je n'avais jamais vu d'aussi près pour deux exercices de renversement : c'est la manoeuvre couramment utilisée en travaux agricoles où l'on voit l'hélico remonter pratiquement à la verticale, tourner sur la tranche, et redescendre pour repartir en sens inverse. Sensations garanties : assiette à piquer pour prendre de la vitesse, on cabre le nez vers les nuages, on ne voit plus le sol, à l'apogée on bascule sur la gauche pour reprendre une assiette à piquer.
La sensation de liberté est énorme : toutes les dimensions, y compris la vitesse, sont à portée de main. On a l'impression que le vol est un prolongement de la pensée.
Nous nous reposons à Lognes après 1h30 de vol environ. Nous aurons juste le temps d'échanger quelques mots avec Pierre car il doit débriefer son élève. Bien entendu la discussion porte sur le passage de l'avion à l'hélico : selon lui, il faut compter une trentaine d'heures pour passer de l'avion à l'hélico (25 heures minimum réglementaires). La navigation est déjà maîtrisée par le pilote avion ce qui fait gagner du temps, mais la difficulté semble venir du fait qu'en hélico les deux mains sont prises par le pilotage, donc les prises de notes sur tablette et cartes sont délicates...
Après de sincères remerciements, nous retournons au club. Il y a des jours comme ça où on est encore plus content d'avoir pris la direction de l'aérodrome. Encore merci Pierre !
Petit veinard, je n'ai jamais volé en hélico. Bon commentaire.
A bientôt,
Fabien
Si toutefois Pierre cherche un / une sac de sable, je peux lui fournir des cobayes !
mes condoléances concernant le décès de Pierre (accident de samedi).





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