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Le vol était initialement prévu la semaine dernière, mais le plafond météo nous avait alors paru trop bas pour faire le vol en toute sérénité (Le Havre rapportait des nuages à 700 ft sol...). Dans ces cas-là, on peut toujours partir en espérant que le temps va s'améliorer avant d'arriver à destination, quitte à faire demi-tour : nous nous sommes dit que cette destination méritait une belle visibilité afin de profiter du cadre splendide qu'offre les falaises. A la dernière minute, nous avons donc remis le vol à cette semaine.
Départ de Lognes à 12h30, avec un ciel de traîne, "broken" (belle alternance de nuages et de ciel bleu) et un plafond à 2500 ft, largement suffisant pour notre voyage. Cette fois-ci c'est à mon tour de faire la branche aller, jusqu'au Havre et Nicolas fera le retour. Nous quittons la région parisienne par le sud (Melun, Rambouillet) et nous reviendrons par le nord (Pontoise, Le Plessis, Meaux).
Notre altitude étant limitée par les nuages, nous sommes un peu secoués mais le temps passe assez vite concentrés que nous sommes sur la navigation. Vers Rambouillet nous voyons légèrement sur notre droite une averse sous un nuage plus foncé que les autres et nous nous amusons à passer dedans pour rincer le pare-brise.
Très rapidement nous devinons le bandeau bleu de la Manche. Oui, bleu, car curieusement les nuages disparaissent tout d'un coup au dessus du littoral. Nous approchons de Deauville, que l'on voit nettement sur notre gauche et nous nous dirigeons vers son aérodrome que nous ne ferons que survoler. Devant nos yeux s'étale la baie de Seine, avec Le Havre en arrière-plan, et le Pont de Normandie à notre droite.
L'embouchure de la Seine est une réserve naturelle qu'on ne peut survoler à moins de 1000 pieds sol, quant au Pont de Normandie, nous devons réglementairement nous tenir à 500 pieds de distance (150 m). Nous sommes à ce moment là en contact radio avec Deauville Approche qui gentiment nous rappelle qu'il faut éviter de survoler la zone industrielle du Havre et nous prévient d'une activité parachutiste sur Le Havre.
Nous contournons la ville du Havre par l'est et nous dirigeons vers l'aéroport au nord de la ville en bord de falaise. Lors de la préparation de la navigation, j'avais espéré pouvoir nous poser en 05 ce qui nous aurait valu une approche au dessus de la mer avec un atterrissage style porte-avion (avec une piste de 2300 mètres néanmoins !). Malheureusement le vent était d'ouest, et nous avons du nous poser sur la 23, parallèle à la falaise, avec la mer 100 mètres plus bas. Nous avions pas mal de vent de face ce qui m'a poussé à faire un atterrissage court et bien inutile puisque le contrôleur ne m'a pas autorisé à sortir à la première bretelle : il a fallu donc rouler jusqu'au milieu de la piste pour dégager et rejoindre le parking. Il faut dire aussi que j'avais commis une erreur lors de mon approche : j'avais pris le peigne comme point d'aboutissement alors que j'aurai dû prendre les plots 300 mètres plus loin. J'ai tellement l'habitude des petits terrains qui ne comportent pas de plots que j'en avais oublié la signification : sur les gros aérodrome, le peigne est le point de passage des 15 mètres et les plots sont le point d'aboutissement, 300 mètres plus loin. On se perfectionne à chaque vol...
Le Havre est un aéroport assez important desservi par Air France, des compagnies régionales et des charters. L'organisation y est donc différente des petits aérodromes auxquels nous sommes habitués, et nous sommes donc passés par les portes de débarquement et d'embarquement que les passagers commerciaux utilisent habituellement. Au comptoir Air France nous sommes dirigés vers le bureau de piste qui encaisse nos 9,90€ de taxe d'atterrissage. L'escale durera à peine une heure, le temps de prendre un café, de prendre des photos du Mirage désarmé (utilisé pour l'entraînement des pompiers) et de faire les pleins.
Nicolas prend les commandes pour le décollage, le temps est magnifique et le cadre somptueux : à peine les roues ont elles quitté le sol que nous découvrons les falaises qui plongent dans une belle mer azur. Légèrement sous nos ailes les grands oiseaux marins s'amusent à faire du vol stationnaire au dessus du vide -- un peu plus à l'ouest, ce sont des parapentes, mais nous n'allons pas dans leur direction.
La navigation est simplissime : à gauche le bleu, à droite le vert, au centre, la ligne blanche de l'écume. La caméra vidéo enregistre tout, les deux appareils photos mitraillent. Nous remontons la côte à la hauteur du tour de piste, 1300 pieds, jusqu'au point Novembre (une station de raffinage), puis nous descendons légèrement, vers 1100 pieds pour en prendre plein la vue. Très rapidement nous arrivons sur Etretat avec ses falaises caractéristiques et son golf qui surplombe la Manche. La vue est tellement grandiose nous ferons trois passages.
Au bord de la falaise Nord, nous pouvons voir l'Oiseau Blanc, un monument à la mémoire de Nungesser et Coli disparus en mai 1927 lors de leur tentative de la traversée de l'Atlantique, à bord de l'Oiseau Blanc, un hydravion biplan de Levasseur. L'Oiseau Blanc sera aperçu pour la dernière fois au dessus d'Etretat.
Nous poursuivons encore quelques minutes notre survol de la cote jusqu'aux environ de St-Valery et de la centrale nucléaire. Virage à droite et nous nous dirigeons vers le VOR de Rouen. Le retour se fera entre 2000 et 2500 pieds sous les nuages de l'Ile de France... Le transit nord se fera très tranquillement. Je me rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, durant ma formation PPL, je trouvait ce transit très stressant car il faut longer la frontière de la classe A de Paris (et Charles de Gaulle) interdite aux VFR, sans faire aucun écart... Bien entendu, l'expérience rend l'exercice très facile maintenant. Nous aurons volé chacun environ 1h45 pour une ballade inoubliable et c'est vers 16H30 que nous atterrissons à Lognes. Nous ne le savions pas alors, mais notre journée aéronautique était loin d'être finie, car une énorme surprise nous attendait à la descente de l'avion...
Bonjour,
Le point Novembre n'est pas du tout une station de raffinage ... C'est le port pétrolier d'Antifer, uniquement du stockage. Le raffinage ça se trouve dans les deux ZIT autour du Havre et Gravenchon !
Pourquoi pas un arrêt à LFOY, il y a deux colibris, on peut faire de l'essence (ça dépend de l'heure) et il n'y a pas de taxe !
Dommage pour la 05, elle vaut vraiment le coup d'oeil !
Arnaud, TT, LFOY.
Superbe! Y'a des veinards avec la météo... Moi j'étais en vacances sur un autre continent, cloué au sol, pendant les seuls jours de vrai beau temps du mois d'avril. Rage...
Bonjour,
je trouve votre vidéo superbe,
je souhaite faire découvrir la région d'Etretat sur le site d'un gîte touristique,
m'autorisez-vous à mettre cette vidéo sur le site ?
Cordialement
Laurent
Laurent,
pas de problème pour la vidéo. Bonne chance.
Moi aussi j'ai beaucoup aimé votre site. Je suis artiste peintre et je travaille actuellement sur un projet : "les amoureux d'Etretat". J'aimerai utiliser des extraits de votre site dans 2 tableaux, un s'appelle "Vol d'oiseau sur l'océan" et est autour de l'Oiseau blanc et l'autre "En avion". Je vous montrerai mais en attendant vous pouvez voir sur mon site : www.escande.info le genre d'oeuvres que je fais.










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