Direction Lognes -- à 11h00 du matin c'est l'affaire de 25 minutes de me retrouver au club et de commencer ma préparation de XO. Aujourd'hui ma préparation me conduira jusqu'au taxiway pour bien observer la manche à air et les atterrissages en cours : au menu, atterrissage par fort vent de travers assuré. Heureusement, le vent semble régulier avec peu de rafales.
Par contre, le ciel s'est couvert avec un plafond de plomb entre 2000 et 2500 pieds. Finalement, on dirait que cela va être un vol hivernal typique en région parisienne.
Une fois installé à bord, je me répète que c'est en fait la première fois que je vole en solo sur XO (180cv) depuis mon lâché en décembre. Cela me pousse à être méticuleux dans mes checks ( surprenant, il ne faut pas mettre la pompe à essence sur ON au démarrage).
Bien, le décollage se passe très bien, comme sur des roulettes... de caddy de supermarché. Dès que l'avion se sent allégé, il a tendance à vouloir jouer à la girouette et il faut un peu jouer des palonniers. Je ne peux m'empêcher de penser au pilotage du Cub...
Le décollage est en 08 (cap 080°) avec un changement de route au 120 (léger virage à droite) dès le décollage : aujourd'hui cela se fait tout seul, c'est le vent qui se charge d'envoyer balader les avions vers la droite au décollage.
Ma destination est Reims (Prunay) : c'est simple, je vais tout droit en suivant la A4. Ce ne sera donc pas réellement un vol d'entraînement à la radio-navigation... En fait, les conditions sont parfaites pour affiner le pilotage, la tenue de route et gérer la machine : l'autoroute est en permanence sous mon aile gauche, je peux donc consacrer mes pensées à tout le reste -- en particulier au vent qui me fait dériver vers la droite et me fait avancer avec un crabe de près de 20°. La tenue de cap, le maintien de l'altitude et la prise de notes sur ma planche de vol sont rendus assez sportifs par les turbulences. Il y a des chances qu'un passager n'aurait pas apprécié les mouvements. Moi, j'ai la tête prise donc ça va.
Au bout de 55 minutes, j'arrive en vue de Reims. Bon Dieu, tout est gris. Il commence à pleuvoir. J'ai du mal à voir l'aérodrome. Je me repère par rapport à la ville (bien sur ma gauche), bétonne mon cap et me cale sur le VOR de Reims en butée. Un VOR est une station de radio au centre d'une roue de bicyclette imaginaire : grâce à un instrument dans l'avion, on arrive à savoir sur quel rayon de la roue on se trouve. Avec deux VOR on peut faire des recoupements pour savoir précisément où on se trouve.
Dans ma situation, j'utilise le VOR en butée : je regarde sur ma carte sur quel "rayon" du VOR de Reims se trouve l'aérodrome. Mon instrument me permettra de savoir quand j'intercepte ce rayon et l'aérodrome ne sera pas loin. En général, on se rend compte que l'aérodrome est droit devant sous le nez de l'avion. Ca n'a pas loupé : j'avais le nez dessus.
L'AFIS (la tour) est fermée pour le déjeuner donc je me pose en auto-information sur la O7. Par fort vent de travers -- la manche est presque horizontale. Je soigne bien ma finale, avec un léger surplus de vitesse pour encaisser les éventuelles turbulences, j'épaule bien le vent avec un peu de manche à gauche, je m'entraîne même à doser mon décrabage au palonnier avant la courte finale. Ma roue gauche touche en premier, parfait, puis la droite, garder le manche à gauche. J'en reviens pas, c'est un kiss landing !
Je gare le tagazou sous la tour et direction le restaurant de la plateforme pour un sandwich et un café. Oui, je sais, ça fait cher le rillette-cornichon... Aux Etats-Unis, ils appellent ça les "hundred-dollar burgers".
Pas trop le temps de profiter du ciel gris et du vent froid qui règne à Reims, il faut vite rentrer sur Lognes, parce qu'un autre pilote a réservé l'avion juste après moi. Le chemin du retour sera identique mise à part l'apparition timide et ponctuelle du soleil entre deux nuages, et surtout une vitesse sol plus rapide grâce au vent légèrement arrière (135 knts au GPS).
L'atterrissage à Lognes sera moins réussi qu'à Reims, à cause d'un petit rebond, mais vraiment pas de quoi avoir honte vu les conditions.
Au final, 1h40 de vol, dans des conditions de vol typiquement hivernales : une parfaite remise en jambe en vue des navigations printanières.
Ecrit par: Régis Saleur at février 2, 2005 4:27 PM
55 mn pour 64 NM ça fait 70 kts de VSol. Effectivement, tu as dû avoir un sacré vent!
Au fait, je suis tjs partant pour aller au Touquet en XO qd ça te branche.
Ecrit par: Olivier at février 2, 2005 5:39 PM
Il y avait peut-être un peu de roulage... Mais au retour je n'ai mis que 40 mn !
OK pour le Touquet.
Ecrit par: Hermione at janvier 21, 2007 8:36 PM
Salut Robert Je te montrerais le terrain de Prunay quand je viendrai te voir






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